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Un papillon à Madagascar
Nous cherchons URGEAMMENT
L'Adieu de Nynke



Un papillon à Madagascar


Au printemps, j'ai trouvé sur internet le voyage Pro Cap à Madagascar. Le programme, un mélange d'aventure, de culture et de nature a éveillé en moi le désir de voyager. Et j'ai pensé: pourquoi pas! J'en ai donc parlé à mon médecin qui m'a donné le feu vert et j'ai fait ma demande de participation. C'est avec beaucoup d'impatience que j'ai attendu la réponse. Allais-je être acceptée malgré mon handicap? La réponse étant positive, je me suis rendu à la rencontre de préparation à Olten. Mon grand soucis concernait les randonnées. Allais-je pouvoir suivre? Mes possibilités ne sont pas toujours prévisibles. A Olten, j'ai très vite remarqué que les autres participants avaient les mêmes préoccupations. Cette rencontre était très importante pour moi. J'ai reçu des réponses à mes questions et j'ai pu me faire une image plus précise du déroulement du voyage.


Le 2 septembre, nous nous sommes retrouvés à l'aéroport de Zürich. Les vols et le transit à Paris étaient bien préparés. Malgré ces préparations, nous avons eu des problèmes à Paris avec le transport des chaises roulantes. Grâce à l'engagement de notre guide Denis Vallan, nous avons tous surmonté le chaos de Paris et nous sommes partis à l'heure pour Tana. A peine arrivés, nous roulions déjà à travers Madagascar. Ces journées de voyages ont passé très vite et les événements se suivaient comme les perles d'un collier.



Betsileodorf


Je pensais que Madagascar était un pays tropical, (=chaud et humide) et j'ai été surprise par le froid qu'il peut faire sur les plateaux élevés. La maison à Betsileodorf n'était pas chauffée et ne possédait ni eau courante ni électricité. L'accueil était cependant chaleureux, la nourriture bonne et j'avais tout de même quelques habits chaud dans ma valise. Le lit était très confortable et grâce aux toilettes chimiques, je ne devais pas descendre l'escalier pendant la nuit.


Lorsque nous sommes arrivés et qu'on montait la chaise roulante de trekking d'Erich, tout le village nous observait. Nous avons fait les premières excursions et avons vu l'hôpital, la boulangerie et tout ce qui constitue un village. Comme la station debout est difficile pour moi, j'ai apprécié les chaises que les organisateurs avaient emportées. J'ai très vite remarqué que les „stop and go“ m'étaient particulièrement pénibles.



Parque national Isalo/ Piscine Naturelle


La montée à la Piscine Naturelle était très en pente au début et après avoir suivi pendant un moment la chaise roulante d'Erich, un organisateur m'a aidé à dépasser. J'ai ainsi pu monter à mon rythme. La randonnée était dure et il faisait chaud. Nous avions cependant assez d'eau et nous avons été beaucoup aidés lors de la descente. J'avais imaginé la Piscine Naturelle plus impressionnante mais le chemin qui nous y a mené était parsemé de fleurs et d'animaux Nous sommes rentrés à l'hôtel fatigués mais heureux.



Tulear


Après un long voyage à travers le Pays des Épines, un paysage maigre d'herbe et de zebus, nous sommes arrivés à Tulear. Le projet NGO, „Cuire avec l'énergie solaire“ m'a beaucoup impressionnée et j'espère que beaucoup de monde se laissera séduire par cette caisse de cuisson afin que ce qui reste des forêts de Madagascar soit épargné. Je continue de suivre ce projet sur internet.


Lemuriens et autres animaux


A Andasibe nous vivions en pleine brousse. Ici le climat humide et le paysage très vert est exactement comme j'imaginais une forêt tropicale. Mais ici aussi, les nuits étaient plus froides que je pensais. Le matin, je me levais tôt afin de me réchauffer avec une tasse de thé. Nous étions réveillés par les cris des indris (de gros lémuriens). Nous avons fait des excursions très intéressantes et avons vu des lémuriens, des grenouilles et des caméléons. L'excursion de nuit et sous la pluie lors de laquelle nous avons vu un maki, de jeunes caméléons et des petites grenouilles restera plus particulièrement gravée dans ma mémoire.



 


Marontsetra


C'est à Marontsetra que nous avons fait connaissance avec les nuits chaudes et les pluies tropicales. L'hôtel était très confortable mais nous voulions continuer jusqu'à la presqu'île Masoala. Comme le temps n'était pas beau et que quelqu'un était malade, une partie du groupe est resté un jour de plus à Marontsetra.


Le voyage à Ambodiforaha a été long: - marche - pirogue – bateau à moteur.
Après avoir été longtemps secoués nous avons enfin aperçu Masoala. C'est le dernier gros morceau de forêt tropicale de Madagascar, les nuages descendaient le long des collines posant un léger voile sur la presqu'île.


Masoala



Voilà, je me trouvais au milieu de la forêt tropicale et il pleuvait. Les journées à Masoala étaient humides et chaudes... chaudes et humides. Alternances de pluies et de soleil. Après la première excursion, je n'ai plus remis mon imperméable. Mouillée, je l'étais de toute façon: sans imper, par l'extérieur, avec imper, par l'intérieur.
Les lémuriens étaient plutôt sauvages mais partout, il y avait des animaux: à la plage, des crabes, sur le chemin des fourmis qui piquaient, sur les murs de ma hutte, de rapides geckos et en plus une immense araignée dans ma chambre! J'ai beaucoup apprécié le filet qui recouvrait mon lit pendant la nuit!


Deux femmes faisaient la cuisine et nous servaient. La nourriture était meilleure que dans certains hôtels de luxe. L'électricité ne marchait que 1 à 2 heures le soir. Ici, mais aussi dans d'autres hôtels, ma lampe frontale m'était très utile.


La forêt, les nombreuses plantes et la magnifique plage, m'ont beaucoup plu. Je n'avais jamais vu de si grosses racines aériennes et fougères. Malheureusement nous n'avons pas eu la chance d'apercevoir un Aye Aye.
Au retour, nous avons cependant vu des baleines à bosse, une petite et une grosse.


Adieux

Le dernier jour, nous avons été sur la rivière et j'ai encore pu photographier des indigènes et des animaux. Pendant les randonnées, je ne pouvais pas beaucoup photographier, car je devais me concentrer sur la marche. Le jour du retour nous a réservé quelques pannes mais nous sommes tout de même bien arrivés à Zürich. Le voyage était bien préparé et nous avions toujours un peu de temps pour nous reposer entre les étapes.




Réflexions


J'ai 41 ans. Mes handicaps sont des symptômes de parkinson, intolérance au soleil et je vis sous médicaments.
Grâce à une crème solaire avec facteur de protection 50, des vêtements adéquats et un chapeau lors des randonnées, je n'ai pas eu de problèmes de peau. Parfois, c'était dur. Mais nous avions toujours la possibilité de faire des pauses ou de demander de l'aide. Nous n'étions pas obligés de faire tout le programme. Chacun était responsable de lui-même et libre de décider.



Denis Vallan et Kathrin Käch forment une bonne équipe et nous ont très bien guidés. Denis Vallan nous a transmis une grande partie de ses connaissances sur Madagascar avec beaucoup de détails et d'humour. Grâce à lui nous avons pu voir ce qui ce passait dans les coulisses (feuilles et arbres). Ma santé ne m'avait plus permis de voyager depuis plusieurs années et c'était mon premier voyage Pro Cap.


C'est un souvenir magnifique et je pourrai en parler encore pendant de longues années.

Monika Schütze
Bâle, le 22 septembre 2007

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