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Comment maîtriser de la douleur Conférence donnée à l’hôpital universitaire de Zürich, le 30 août 2003
Le phénomène de la douleurLa douleur peut se trouver à tous les endroits du corps et se manifeste de différentes manières. On fait la différence entre les maux de tête, de dos, des articulations, douleurs fantômes après amputation, etc. A tout âge et quelle que soit la situation, la douleur doit être prise au sérieux afin qu’elle ne devienne pas chronique. Il est important d’éviter une atteinte du système de la douleur. Monsieur Brioschi montre l’exemple de Guillaume Depardieu (fils de l’acteur Gérard Depardieu) qui était prêt à se faire amputer une jambe pour échapper à la douleur (ce qui ne résout pas forcément le problème).
Définition de la douleur (IASP 1978 /1995)« La douleur est une expérience des sens et des sentiments associée à une lésion actuelle ou potentielle des tissus ».
L’assimilation de la douleur devient difficile lorsque la lésion ne peut être prouvée mais qu’elle est seulement décrite par le patient.
Il existe différents modèles de douleur. Le modèle biomédical (théorie de spécificité) estime que des petites blessures entraînent de légères douleurs et des grosses blessures, de fortes douleurs. On sait, aujourd’hui, que cette théorie (« grande blessure = grande douleur ») est fausse. Le modèlede la « douleur du patient » estégalement faux. La fonction psychologique joue un rôle important dans la douleur. La douleur oblige à une modification des mouvements car les mouvements habituels font mal.
Le modèle MOMLe modèle MOM de l’organisme adulte lors de blessures: la situation est analysée par le cerveau, le comportement et la physiologie se modifient (selon Gifford).
Perception de la douleur + modification de la pensée = dimension cognitive Perception de la douleur + modification des sentiments = dimension affective ↓ Estimation de l’expérience ↓ Autres modifications ↓ Résultat = modification du comportement + modification physiologique
Ce comportement modifié a des effets sur l’environnement comme sur les tissus. Par exemple, on ne bouge plus ou on ne sort plus. Ce comportement influence les tissus et donc les mouvements et la force physique.
Plus la sensibilité de la perception de la douleur est grande, plus la douleur est ressentie. Il faut donc absolument éviter que le « système d’alarme » devienne trop sensible.
R. Brioschi travaille selon le modèle bio-psycho-social. Les facteurs psychologiques et sociaux jouent un grand rôle dans les maux de dos comme facteurs psychosomatiques. Des idées de catastrophe (par ex. « Et si je finissais en fauteuil roulant ? ») peuvent rendre la douleur chronique.
En ce qui concerne le modèle psychosocial, les facteurs suivants sont considérés:
environnement social déroulement de la maladie détresse psychologique attitudes et croyances DOULEUR
L’histoire du patient et sa situation prennent une grande place dans le traitement selon ce modèle. On commence par un examen physique très complet. Souvent, le thérapeute de la douleur constate que les examens physiques sont insuffisants. Ensuite il faut savoir ce que le patient pense de sa maladie et comment il la ressent. Comment se voit-il et comment voit-il sa maladie ? Comment vit-il ? Que fait-il de ses loisirs ? etc. En résumé :
La douleur n’est pas seulement un problème médical mais un problème humain en général. La religion, la politique, la culture et la thérapie jouent un grand rôle. En face de la douleur, il n’y a pas de comportement juste ou faux, il n’y a que des comportements différents.
Il est clair que selon ce modèle, le corps, les émotions et le comportement du patient sont analysés en profondeur. Dans une telle situation souvent le patient n’est pas assez respecté. La douleur rend extrêmement vulnérable. Il est donc très important de faire preuve de respect et de lui demander la permission avant de commencer le traitement.
La médecine moderne se borne normalement à l’analyse de la contraction musculaire, de l’atrophie musculaire, du deconditioning, des mouvements inadéquats, de l’instabilité, etc. Il serait cependant nécessaire de faire d’autres analyses (analyse de la pensée et du comportement). Il faut apprendre au patient comment il peut maîtriser sa douleur. Il existe différentes stratégies (coping) face à la douleur:
etc. etc.
Ces différentes stratégies sont discutées avec le patient. En compagnie du thérapeute, une réflexion est faite sur son histoire. De nouvelles stratégies peuvent être développées, celles qui sont insatisfaisantes sont remplacées par de meilleures. Le but du traitement selon le modèle bio-psycho-social est d’améliorer ou de retrouver une qualité de vie malgré les douleurs.
Le traitement de la douleur est un travail de longue haleine. Monsieur R. Brioschi termine sa conférence en construisant la « tour de la douleur » avec des blocs sur lesquels sont inscrit : Coping Sentiments Pensées Comportement Contrôle Evaluation Somatique Environnement social Personne Histoire personnelle
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