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Mécanismes à l’origine du LES et LES et vaccination
Lupus et dépression - Lupus chez l'enfant



Remarque:
L’auditoire de l’hôpital de Schaffhouse a été mis gratuitement à disposition de l’ASLE.
Merci!


Egalement un grand merci aux deux médecins, PD Dr Marten Trendelenburg et Prof Dr Thomas Stoll pour leurs précieuses et intéressantes interventions données gratuitement.


PD Dr Marten Trendelenburg, médecin chef, clinique de médecine interne Hôpital universitaire de Bâle:

 

Mécanismes à l’origine du lupus érythémateux systémique (LES)


Résumé des conférences du 20 novembre 2010, Hôpital cantonal de Schaffhouse


Ce thème n’est pas facile et va loin dans la médecine moléculaire. J‘essaye donc de vous résumer ce que j’ai compris.


Un LES typique semble devenir plus rare: est-il plus bénin ou prend-il un autre aspect?

Comment établir le diagnostic?

11 critères: les critères ACR de 1982 pour la classification du LES ont été reconsidérés en 1997:

•    Érythème malaire en ailes de papillon
•    Éruption discoïde
•    Sensibilité au soleil
•    Ulcérations orales et nasopharyngées
•    Inflammation de 2 articulations ou plus
•    Pleurésie, péritonite, péricardite
•    Atteinte rénale (clinique)
•    Atteinte neurologiques (convulsions ou psychose)
•    Anomalies hématologiques•    Désordre immunologique: présence de cellules LE ou anticorps anti-ADN natif ou anti-Sm ou anti-cardiolipine (IgG ou IgM)
•    Anticorps antinucléaires à taux anormal

Peut-être qu‘un classement ne dépendant pas des critères ACR est mieux…

Présentation clinique du LES
•    Symptômes généraux (fatigue, fièvre, perte de poids)
•    Atteinte inflammatoire spécifique des organes (articulations, peau, muqueuses, syndrome de Raynaud, reins, système nerveux, plèvre/péricarde/péritoine, sang, etc.)
•    Anomalies du système immunitaire (auto anticorps, complément profond,
phénomènes cellulaires LE, etc.)


„Constellation classique de symptômes cumulatifs“ chez les patients de l’hôpital universitaire de Bâle:
•    ANA positif
•    Anti-ADN-ds positif
•    Douleurs articulaires (arthrite/arthralgies)
•    Atteinte rénale
•    Anémie, souvent non-spécifique
•    Atteinte de la peau, souvent non-spécifique


Le système immunitaire

 

 

 

et autres……………….


"Malheureusement" certains phénomènes s’enchaînent…………



Il y a un grand nombre d’interactions. C’est en fait comme un „cocktail“ dont chaque petite partie doit donc être analysée!

L’être humain a plus d‘1 milliard d‘anticorps (protéines) destinés à éliminer les intrus (virus, cellules mortes etc.). Chaque anticorps a son objectif et reconnaît la propre substance ……mais pas toujours :

parfois des auto-anticorps attaquent nos propres cellules.

Auto-anticorps anti-ADN natif double brin (anti ADN-ds)  = attaquent de la substance héréditaire
Anticorps anti-nucléaires (AAN) = attaquent d’une partie du noyau cellulaire.

Donc quand on trouve des auto-anticorps, on sait qu’il s’agit d’un lupus. Cependant une analyse des recrues américaines, en 2003, a démontré que des auto-anticorps étaient parfois déjà présents 5 ans avant la déclaration de la maladie. On peut donc avoir des auto-anticorps sans déclarer la maladie (le plus souvent pendant la puberté et après 70 ans). Pourquoi? On ne le sait pas encore.

Il y a aussi les macrophages. Ce sont des globules blancs qui détruisent les cellules abîmées ou âgées. C’est utile lorsqu’il s’agit d’un virus mais parfois elles détruisent des organes sains comme c’est le cas chez les patients LES.

 



Les tests de laboratoire typiques des anticorps sont:
•    Marqueurs d‘inflammation
(Vitesse de sédimentation, VS)
•    Marqueurs d’atteinte viscérale (analyses du sang, reins et urine, …..)
•    AAN (uniquement pour le diagnostic)
•    Anti ADN-ds
•    Complément (C3, C4)


Les cellules sont régulièrement éliminées. C’est la mort naturelle des cellules (apoptose).

Théorie d’un dérangement dans „l’élimination de déchets“
•    L‘élimination est retardée ou les cellules mortes sont trop nombreuses
•    Entraîne une réaction inflammatoire du reste des cellules (auto-immunité)
•    Inflammation des tissus, dégâts collatéraux
•    Déclenche différentes réactions en chaîne encore mal connues (rôle des membranes cellulaires présentes durant l’élimination des cellules mortes appelées blebs ?)

Le complément C1q permet une élimination rapide des cellules mortes. Parfois des anticorps qui entravent le C1q apparaissent et provoquent un dérangement. Les C1q atteignent leur objectif lorsqu’ils touchent directement la cellule morte et ne sont pas interceptés par d’autres anticorps.

La recherche porte actuellement une grande attention à ces interactions entre l’apoptose (destruction des cellules mortes) et les anticorps C1q. Elle est soutenue dans cette démarche par l’industrie pharmaceutique.

Ces résultats ne sont pas encore en mesure d’expliquer la maladie, mais le trou noir n’est peut-être plus aussi noir. Il faudra cependant encore plusieurs années avant qu’une thérapie vraiment efficace soit découverte.
 
Des médecins de toute la Suisse participent à l’étude cohorte LES. Depuis le début de cette étude, en 2004, une banque de données électronique a été établie et est constamment complétée. L’hôpital cantonal de Bâle souhaite que d’autres malades du lupus participent à l‘étude CardioMRI. On peut s’inscrire directement à l’hôpital de Bâle.


Résumé:
•    En fait, le LES n’est pas une seule maladie mais un ensemble de maladies et n’a donc pas une seule explication
•    Les auto-anticorps (protéines) y jouent un grand rôle
•    L’élimination des cellules morte est problématique
•    Le complément C1q  joue certainement un rôle central
•    L’étude cohorte suisse réunit les connaissances sur une longue période
•    L’étude cardioMRI de Bâle apportera des éclaircissements sur l’effet du lupus sur le cœur.

 



Prof Dr Thomas Stoll, médecin chef de rhumatologie, hôpital contonal de Schaffhouse:



LES et vaccination

Introduction


Un médecin anglais Dr Edward Jenner, 1749 – 1823, remarque vers la fin du 18ème siècle que les personnes qui traient les vaches sont immunisées contre la variole.

A l‘époque ¼ des malades mourraient et le vaccin à base du virus était dangereux car il pouvait déclencher la maladie.

En 1798, il développe  un vaccin à base des pustules prélevées sur les pis des vaches malades de la vaccine, d’où le terme vaccin. Il s’agit d’un vaccin à base d’un virus de la variole moins virulent.

En 1980, 200 ans après la découverte du vaccin, la variole est déclarée exterminée par l’OMS!

Par contre, certaines maladies (p.ex. poliomyélite, rougeole) ne sont pas encore exterminées à cause de la peur du vaccin!


Immunisation:


a)    Immunisation passive
Une injection d‘anticorps protège rapidement contre la maladie, p.ex. rage.


b)    Immunisation active  =  vaccination
L‘application de l’agent pathogène entier ou partiel provoque la formation d’anticorps contre cet agent pathogène (vaccins morts ou vivants).


Plan de vaccination dans l‘enfance/jeunesse




Plan de vaccination à l’âge adulte


Vaccinations: lesquelles sont conseillées lors d’un LES?


Vaccins morts
Tous les vaccins du plan
Important:     Les vaccins contre les pneumocoques (après splénoctomie aussi contre les méningocoques et hémophilus influenza)

Vaccins vivants
•    Rougeole, oreillons, rubéole, varicelle
•    Poliomyelite oral
•    BCG (contre la tuberculose)
•    Fièvre jaune
•    Choléra, typhus, rotavirus

Pas de vaccination en cas de thérapie avec Imurek, Endoxan, Methotrexat, Cellcept ou
Prednison  ≥ 20mg/jour

          

Effet des vaccins?

Réponse immunitaire, analyses américaines:
Chez 82 % des patientes LES: bonne, chez 18 %: petite production d’anticorps contre le virus influenza après le vaccin contre la grippe.

Chez 67 % des patientes LES: séroprotection après le premier vaccin H1N1 (sans adjuvant), chez 80 %: après la 2ème vaccination.
C’est une bonne protection!


Résumé:


•    Faites-vous vacciner!
•    Réponse immunitaire légèrement inférieure lors de thérapies immunsuppressives avec Imurek, Endoxan, Methotrexat, Cellcept, Prednison ≥ 20mg/p.jour ou autre médicamment biologique.
•    Doubler éventuellement la dose de vaccin ou vacciner 2 x
•    Lors de thérapie avec Rituximab, vacciner quelques semaines avant l‘infusion


Les vaccins activent-ils le LES?


Vacccins et anticorps patologiques

Patientes LES et vaccin H1N1 (= grippe porcine) n = 103

•    AAN décelables (= positifs):        78 %, après vaccination 74 %
•    AC anti ADN-ds positifs:              35 %, après vaccination 36 %
•    Anticorps anti-Ro:                       83 % identique
                                                           3 % devenus positifs
                                                         14 % devenus négatifs



SLE: vaccination contre la Poliomyelite
Activation de la maladie chez 4 des 73 patientes LES (5% = minime) :
Même incidence pour
•    injections de vaccins morts
•    prises orales de vaccins vivants



SLE: Vaccins morts
70 patientes LES ont été vaccinées en même temps contre:
•    Haemopohilus influenza type b
•    Pneumocoques
•    Tetanos

==> Aucune poussée LES!!

Vaccins déclencheurs d’un LES?

Extrêmement rares. Depuis 1943,11 cas succeptibles d’avoir déclenché un LES ont été signalés.

==> Probablement coïncidence entre l’apparition du LES et le vaccin due au hasard


Vaccination et poussées lupiques

Aucune relation n’a pu être démontrée entre la vaccination et les poussées de lupus.

Les poussées déclenchées par un vaccin sont extrêment rares. On ne devrait donc pas renoncer à une vaccination et donc à une prévention.

 

Résumé: Max Hagen
Traduction: Marie-Louise Hagen

 

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